Renaissance de la langue provençale à Châteauneuf de Gadagne en 1854 !

 

Joseph Roumanille, Jean Brunet Paul Giéra , Théodore Aubanel, Frédéric Mistral, Anselme Mathieu ou Alphonse Tavan : des noms qui définissent bon nombre de nos espaces publics en Provence !

Quelles sont ces personnes dont les noms s‘affichent si volontiers ?

Ce sont des poètes provençaux, qui le 21 mai 1854, décident de rendre à la langue d’oc ses lettres de noblesse. Ils fondent à Châteauneuf de Gadagne, près d’Avignon, au domaine de Fontségugne le Félibrige pour promouvoir cette langue, placé sous le patronage de Saint Estelle.

Mistral proposa ce nom de « Félibre » qu’il recueillit dans une vieille cantilène, chanson du Moyen âge où la Vierge Marie raconte qu’elle a un jour trouvé son fils dans le Temple parmi les sept Félibres, ou docteurs de la loi.

Ces sept symbolisent les « primadiés » du Félibrige, les fondateurs de ce mouvement qui aujourd’hui encore est une organisation culturelle présente dans tous les départements de langue d’oc.

Le château de Fontségugne, alors propriété de la famille Giéra, se situe sur le versant d’un coteau, à mi-chemin entre Avignon et Fontaine-de Vaucluse. Ce lieu de paix et de fraîcheur devient dans ces années là, le rendez-vous d’une jeunesse ardente à sauver la Provence, sa langue, « sa liberta dou gaubi ». C’est-à dire sa liberté d’expression, de manières.Alphonse Tavan en était le jardinier.

Joseph Roumanille est considéré comme le véritable Père du Félibrige. Dès 1850, il tente de regrouper les poètes provençaux avec le souci d’épurer la langue provençale et publie en 1852 un recueil ‘ li prouvençalo ». C’est alors que les problèmes de grammaire et d’orthographe apparaissent ainsi que les contradictions entre marseillais et avignonnais.

Frédéric Mistral, originaire de Maillane, village près de Saint Rémy de Provence réalise un dictionnaire de la langue provençale, ses écrits, chants et romans le définissent comme   » un humble élève d’Homère ». Il recevra en 1904 le prix Nobel de la littérature pour son œuvre  » Mireio »

( Mireille) rédigée en provençal, fait rarissime pour un ouvrage rédigé dans une langue minoritaire. Avec l’argent de ce prix il fonde le musée Arlaten d’Arles, consacré à la culture provençale. Désormais, mondialement connu, 20 000 personnes vinrent honorer sa statue, érigée de son vivant devant le musée Arlaten.

En 1913, le président de la République, Raymond Poincaré, se rend à Maillane pour le rencontrer : la patache (diligence) qui le conduisit se trouve actuellement au musée du Roure, à Avignon dans un endroit très inattendu !!! à vous visiteurs de la Provence de la découvrir !

Jany Volpi 15.02.2013

La Maison de Mamie

 

www.museonarlaten.fr

www.avignon.fr/en/musees/roureen.php