Nous allons en ou à Avignon, en ou à Arles ?

Pour éviter une certaine dissonance  la formule «  en Avignon » est de plus en plus utilisée aussi bien par les médias que par la rue. Elle est pourtant incorrecte quand elle s’applique  à la ville c’est-à-dire aux limites de la commune. Cependant, historiquement et durant des siècles elle a été appropriée aussi bien pour Avignon  que pour Arles. On allait  donc en Arles ou en Avignon comme on va aujourd’hui en Provence ou en France. En effet la préposition « en » désigne un pays, un lieu :  Arles était un royaume au Moyen Age jusqu’ en 1483, date de son rattachement au royaume de France,  Avignon, racheté à la reine Jeanne ( de Naples et comtesse de Provence)  en 1348 par le Saint Siège  était un territoire bien plus grand que l’espace intra muros actuel et regroupait des espaces qui de nos jours sont des communes à part entière et formait avec le Comtat Venaissin  (vendu  par Philippe le Hardi au pape Grégoire X  en 1274) deux véritables états frappant monnaie et battant pavillon jusqu’en  1791 , date de leur rattachement à La France. D’autre part l’influence de la langue provençale est aussi déterminante  on dit : «  vau à-n-Arles, vau à-n- Avignoun :  je vais à Arles, je vais à Avignon » ( A devant une voyelle prend un n euphonique pour empêcher l’élision) ; dans d’autres cas cette euphonie  peut se construire avec d’autres consonnes comme « vau à-z-Aix : je vais à Aix, vau à-z-Apt, je vais à Apt ». De plus Frédéric Mistral en redonnant au Provençal sa place de langue à part entière a traduit par : vau-à-n’Avignoun, vau-à-n-Arles  par  je vais en Avignon…. en Arles et a , par cette traduction  qui n’est en fait  que le reflet de l’ambigüité politique de son auteur mit un peu plus de confusion. Aujourd’hui l’usage veut que l’on accepte les expressions en Arles ou en Avignon pour désigner la région autour de chacune de ces villes  mais il est certain que lorsqu’on va dans la ville d’Arles ou  d’Avignon on va à Arles, à Avignon.