Noël provençal : l’Avent

 Noël provençal : l’Avent

Il suffit de lire Frédéric Mistral  dans ses « Mémoires et Récits » ou Marie Mauron ,pour se plonger dans l‘ambiance d’un Noël provençal qui débute avec la période de l’Avent  soit quatre dimanches avant Noël.

A l’aube du XXIème siècle rien n’a changé dans les familles provençales :

Tout commence le 4 décembre, jour de la Sainte Barbe où l’on met du blé ou des lentilles à germer dans trois petites coupelles recouvertes d’une fine couche de coton que l’on imbibera soigneusement d’eau tous les jours jusqu’au Souper du 24 décembre où les  soucoupes remplies de leurs graines germées, attachées d’un ruban rouge, orneront la table.

Si blé ou lentilles sont bien drues, l’année sera prospère !

Puis c’est le temps d’aller retrouver sur la plus haute étagère de la maison, la boite de carton où dorment depuis l’an passé les petits santons de terre cuite ; précautionneusement, petits et grands déplient les papiers de soie qui protègent les figurines et les placent en lignes sur la grande  table de la salle à manger pour les retrouver, les reconnaître et les nommer un à un et ainsi apprendre aux plus petits tous les noms de ceux qui trôneront dans la crèche  : et alors sous les yeux émerveillés des enfants prennent vie le rémouleur, le meunier, le chasseur, Margaride et son mari, lou ravi (le simplet) le berger et son troupeau, l’âne, le bœuf, la vierge Marie, Saint Joseph, la gitane, les rois mages , lou boumian ( le bohémien), la porteuse de bois et le petit Jésus….

Ensuite tous vérifient que le long sommeil dans la boite n’a pas abîmé tous ces personnages : sinon colle et peinture entrent en action pour réparer les dégâts !

Enfin par un bel après midi ensoleillé, la famille au grand complet part dans les collines et garrigues avoisinantes à la recherche de mousse, asperges sauvages, branches de houx , de sapins et bois morts qui formeront le décor de la crèche.

Tous s’affairent et se chamaillent une fois revenus pour confectionner la crèche qui restera dans la maison jusqu’à l’Épiphanie : le papier marron tacheté est placé puis les divers éléments  ramassés ,un morceau de papier chocolat fera l’affaire pour représenter la rivière, restent les santons à placer selon un rite ancestral pour montrer le parcours de tous, conduits par l’ Etoile, vers l’étable de la Nativité ; seuls l’enfant Jésus et les rois mages restent sur le buffet attendant l’un le 24 décembre à minuit, les autres le 6 janvier pour rejoindre les santons dans la crèche.

Est placée aussi une petite assiette où seront déposées par tous les admirateurs quelques pièces en offrande à l’enfant Jésus.

Se prépare ensuite, selon les traditions , le menu des festivités : les grands-mères font les oreillettes, la pâte de coings, la confiture de pastèque et le nougat (qui sèchera souvent sur le marbre de la table de nuit) et les cachent pour éviter que les gourmands ne les mangent avant Noël, on s’affaire pour faire les courses et prévoir le merveilleux souper de la veillée du 24 décembre ….