Les Carrières de Lumière

Aux pieds des Baux de Provence, un lieu unique et inspiré.

Le Val d’Enfer est situé en contrebas du village des Baux-de-Provence dans les Alpilles.

C’est un vallon naturel creusé dans la roche par l’érosion hydraulique, et son nom viendrait des profils étranges des formations rocheuses de calcaire blanc.

Dante s’en serait inspiré pour décrire son Enfer dans « la divine comédie ».

Un peu d’histoire

Des carrières de calcaire ont été ouvertes dans ce site depuis l’ Antiquité,  puis de bauxite au 19ème siècle.

L’exploitation de carrières de pierre à bâtir au Val d’Enfer remonte au IIe siècle avant notre ère. Les blocs de calcaire blanc, au grain fin, ont été utilisés pour l’édification de Glanum, une ville sanctuaire celte, grecque puis romaine dont les restes archéologiques se trouvent près de Saint-Rémy-de-Provence, de la cité antique d’Arles, et du château des Baux bien sûr, parmi d’autres utilisations.

Visibles par leurs empreintes, des blocs de deux mètres par un mètre étaient extraits jusqu’au début du 20ème siècle en creusant d’abord quatre coins à l’aide d’une barre de fer. Les coins étaient ensuite reliés progressivement entre eux, et il restait alors à dessouder l’arrière du bloc de sa matrice en utilisant les angles. Par la suite, la technique de la « scie crocodile » facilita quelque peu cette découpe fastidieuse.

C’est en cherchant du minerai de fer pour le compte d’industriels lyonnais, que le chimiste Pierre Berthier découvrit la bauxite au Val d’enfer en 1821.Il lui donna le nom de « terre d’alumine des Baux » et le nom fut par la suite  transformé en « bauxite ». Le premier site industriel producteur d’aluminium au monde qui utilise la bauxite se trouve à Salindres dans le Gard, dès 1860. L’exploitation de bauxite cesse en 1935 pour se tourner vers des sites régionaux plus rentables.

Du tournage du Testament d’Orphée aux Carrières de Lumières

ou comment des carrières deviennent le Théâtre de créations artistiques.

C’est au Val d’Enfer que Frédéric Mistral situe un des chapitres de Mireio,  mais c’est le génie visionnaire de Jean Cocteau qui réveilla les carrières abandonnées.  Emerveillé par la beauté des lieux, il décida en 1959 d’y tourner le « Testament d’Orphée ».

Puis, Albert Plécy,  photographe et rédacteur en chef au Parisien Libéré, tomba amoureux des carrières des Baux-de-Provence. Il fonda alors la Cathédrale d’Images et le premier spectacle audiovisuel vit le jour en 1977. Il s’appuyait  sur les recherches du grand scénographe J. Svoboda qui avait développé des idées très en avance sur les technologies disponibles alors. Et pendant plus de trente ans, les carrières du Val d’Enfer ont accueilli des spectacles de sons et lumières. Le spectateur était invité à déambuler librement parmi les photographies projetées sur les hautes parois irrégulières des salles des carrières, porté par l’enchaînement des images et de la musique. C’est ainsi qu’on a pu admirer « Couleur Cézanne », Venise » ou « Picasso », en 2006, 2007 et 2009 par exemple.

Puis un nouveau souffle est donné aux carrières en 2011 lorsque la ville des Baux-de-Provence confie à Culturespaces la gestion de celles-ci, dans le cadre d’une délégation de service public.

Les carrières de Lumière bénéficient depuis de l’expérience des équipes de Culturespaces en matière artistique et culturelle, ainsi que de ses capacités d’investissements.

Pour proposer une manière originale d’aborder l’art par l’immersion sensorielle, Culturespaces développe aux Carrières de Lumières un dispositif à la pointe de la technologie multimédia, grâce à  des réalisateurs et techniciens capables de s’adapter aux spécificités du lieu labellisé « site naturel classé ». En 2013, davantage de vidéoprojecteurs  et d’enceintes ont été installés dans les carrières pour amplifier l’expérience artistique.

L’équipement vidéo est unique en Europe : 100 vidéoprojecteurs sont pilotés par autant de serveurs graphiques projetant des images sur des parois allant jusqu’à 14 mètres de haut. Quant au sol, il est intégralement recouvert et devient un immense tapis d’images. Chaque serveur délivre l’image programmée à son vidéoprojecteur, l’ensemble est synchronisé par un poste de production qui joue le rôle de chef d’orchestre dans cette installation optimale.

– Un son spatialisé adapté aux contraintes du site permet de créer des conditions de réception musicale supérieures. Chaque enceinte couvre 45 degrés de parois diffusant un son plus homogène quelque soit le lieu où le spectateur se trouve.

– La mise en place de la fibre optique, permettant de fluidifier la transmission des images, révolutionne l’installation. En effet, chaque signal vidéo est converti en lumière grâce à la fibre optique permettant ainsi de porter ces signaux jusqu’à 500 mètres, dans une résolution supérieure au Full HD.

Pris dans un voyage sonore et visuel hors du commun, le visiteur n’a plus qu’à se laisser transporter dans l’univers pictural des plus grands artistes, que le spectacle invite à ressentir avec tous ses sens.

« Pour moi, la technologie n’est qu’un outil, mais plus cet outil est performant, plus les idées et la créativité pourront s’exprimer et plus l’impact sur le public sera fort.

Il faut orchestrer au plus juste tous les contenus multimédias qui vont constituer la réalisation, dans une recherche et une composition rigoureuses et solides. Nous voulons laisser au spectateur la liberté de perception et d’interprétation dans un contexte où ses mouvements et déplacements font partie intégrante du spectacle lui-même. En amplifiant la dimension émotionnelle par le biais de la musique et en immergeant le spectateur dans œuvre tridimensionnelle, nous l’invitons à développer une attitude plus participative pour le sortir d’une posture de réception classique. Sans cela, les Carrières de Lumières perdraient à mes yeux ce qui fait leur originalité et leur pouvoir de fascination. Quand dans la carrière je vois des couples qui dansent ou des enfants qui jouent avec les images au sol, le pari est gagné. »

Gianfranco Ianuzzi, co-réalisateur du spectacle « Monet, Renoir… Chagall »

Chaque année, un grand spectacle inédit de 35 mn est proposé, présentant les plus grands noms de l’histoire de l’art.

En 2012, le premier spectacle projeté avait pour thème « Gauguin-Van Gogh. Les peintres de la couleur. »

Ce fut un véritable choc, une explosion de couleurs, et l’année est passée trop vite. Espérons que ce spectacle reviendra un jour, même si 239 000 spectateurs en ont déjà profité !

Pour 2013, le thème est : « Monet, Renoir… Chagall. Voyages en Méditerranée. »

De l’impressionnisme à la modernité, 16 peintres sont mis à l’honneur dans le nouveau spectacle dont la projection se terminera le 5 janvier 2014. Il fait écho à l’exposition « Le Grand Atelier du Midi » qui a eu lieu à Aix en Provence et Marseille du mois de juin au mois d’octobre de cette même année.

Les Carrières de Lumière ont déjà annoncé le thème de l’année 2014 : ce sera Klimt et l’école de Vienne, en 2015 les peintres italiens de la Renaissance.

Vicenta Denizet

Mas Saint Michel

Le 31 octobre 2013