Épiphanie et galette des rois en Provence

Le 6 janvier c’est l’Épiphanie, une fête chrétienne qui célèbre la visite et l’hommage des rois mages à l’enfant Jésus.
Ce jour-là ou le dimanche qui le précéde, on mange la galette des rois ( appelée pogne dans la Drôme), un gâteau contenant une fève qui rend roi celui qui la trouve dans sa part de gâteau.
Epiphanie est un mot d’origine grecque, qui signifie manifestation ou apparition et l’utilisation de ce terme est antérieure au christianisme.

 

En effet les Épiphanes sont, dans la culture grecque, les divinités qui apparaissent aux hommes, tels les dieux de l’Olympe.
Cette fête fait partie du cycle de Noel et tire son fondement des célébrations païennes de la lumière. Noël, avant d’être un jour, est d’abord un cycle : Celui-ci atteint son apogée au jour marquant le sosltice d’hiver, le 22 décembre, nuit du solstice la plus longue de l’année annonçant le rallongement des jours et donc la renaissance de la lumière censée être à l’origine de toutes choses. Puis la célébration se prolonge après le 25 décembre durant un nombre de jours hautement symbolique : 12 jours et 12 nuits. Le cycle prend fin le 6 janvier date à laquelle les jours commencent à s’allonger de façon sensible. On célèbre alors l’Epiphanie, la manifestation de la lumière.

 

Par sa forme ronde et sa couleur dorée, la galette symbolise donc le soleil. Il est à noter également que c’est ce jour dans le calendrier julien qu’avait lieu sous la Rome antique la fête des 12 Dieux olympiens ou épiphanes.
C’est aussi la date d’ une fête païenne : les Saturnales romaines qui duraient sept jours et pendant lesquels hiérarchie sociale et logique des choses pouvaient être critiquées et parodiées. ainsi par exemple les soldats romains tiraient au sort, grâce à une fève, un condamné à mort qui devenait roi le temps des réjouissances….et exécuté une fois les Saturnales achevées…. Pouvait être aussi opéré un changement de rôle durant cette période entre maître et esclave et un gâteau rond fourré de figues, de dattes et de miel était divisé en parts égales entre maîtres et esclaves.
Cette tradition a évolué, perduré au cours des siècles et comme bon nombre de rites paiens a été repris par la tradition chrétienne.
Dans les crèches provençales , l’enfant Jésus est honoré et reçoit des présents des plus proches et plus humbles comme les bergers aux plus éloignés et plus riches comme les rois mages à la fois rois et savants.
L’Épiphanie est l’occasion de tirer les rois : une figurine est cachée dans la galette et celui qui l’ obtient devient le roi de la journée. La tradition veut aussi que le plus jeune enfant de la famille se glisse sous la table et désigne la part revenant à chaque convive, tradition qui existait déjà lors des Saturnales romaines.
En Provence on mange la galette depuis l’installation des papes à Avignon, c’est au couvent des dominicains que le premier tirage des rois a eu lieu fin XIVème siècle.
On la partage en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière, appelée part du bon Dieu ou de la Vierge ou bien encore part du pauvre , est destinée au premier pauvre qui se présente au logis.
Aujourd’hui la traditionnelle fève est accompagnée ou remplacée par un petit sujet caché à l’intérieur de la pâte de la brioche. Celui ou celle qui est couronné roi ou reine doit offrir la prochaine galette ; quant à celui qui a le sujet, il doit offrir la boisson .
Cette galette sucrée en forme de couronne est parfumée à la fleur d’oranger, garnie et couverte de fruits confits. Un santon accompagne ou remplace la fève.
Il existe dans le Gard un village appelé  » les mages » où se seraient arrétés les trois rois : Melchior, Gaspard et Balthazar,guidés depuis Bethléem par les lumières d’une étoile, chargés de myrrhe et d’encens.
Ils auraient accompli ce long chemin pour venir adorer le messie qui dans la tradition provençale serait né dans un coin de Provence et chaque année par les crèches et les pastorales se perpétue la légende……Jésus est né en Provence!
30.12.2014
Jany Volpi
La maison de Mamie en Provence